L’annonce légale n’est pas une taxe que paie tout créateur d’entreprise. Elle ne concerne que les sociétés, c’est-à-dire les structures dotées de la personnalité morale. Une SARL, une SAS ou une SCI doivent la publier. Un entrepreneur individuel ou un micro-entrepreneur, non. En 2026, son coût va de 124 € pour une EURL à 399 € pour une société anonyme, selon un tarif forfaitaire fixé par arrêté.
Cette publication intervient à un moment précis du parcours : après la signature des statuts, juste avant le dépôt du dossier d’immatriculation. Elle figure parmi les étapes de création d’entreprise que tout fondateur de société franchit dans l’ordre. Son rôle est d’informer les tiers de la naissance de la structure.
Le point sensible tient en une phrase. Le guichet unique réclame l’attestation de parution pour valider le dossier, mais il ne vérifie pas le contenu de l’annonce. La moindre différence avec les statuts entraîne un rejet. La forme juridique fixe le prix, et la date des statuts doit toujours précéder celle de la publication.
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Qui doit publier une annonce légale de création
La ligne de partage suit la personnalité morale. Créer une société donne naissance à une entité juridique distincte de son dirigeant. C’est cette création qu’il faut rendre publique. Les entreprises exploitées en nom propre, elles, échappent à l’obligation.
◆ À retenir
- L’annonce légale ne concerne que les sociétés (SARL, SAS, SASU, EURL, SCI, SA, SNC), jamais les entreprises individuelles.
- Son tarif est forfaitaire en 2026 : de 124 € à 399 € HT selon la forme juridique.
- Sans attestation de parution, le guichet unique de l’INPI refuse le dossier d’immatriculation.
Toutes les sociétés, civiles comme commerciales
L’obligation vise toute société, commerciale ou civile. Une SARL, une SAS, une SASU, une EURL, une SA ou une SNC y sont soumises. Les sociétés civiles aussi, à commencer par la SCI. Aucune exception n’existe pour ces structures. Le motif est juridique : leur constitution fait naître une personne morale, et cette naissance doit être portée à la connaissance du public. Créanciers, fournisseurs et partenaires vérifient ainsi l’existence et les caractéristiques de la société avant de s’engager. Les sociétés en commandite (SCS et SCA) suivent la même règle, mais leur annonce reste facturée au caractère, et non au forfait.
Les dispensés : entreprise individuelle et micro-entreprise
L’entrepreneur individuel et le micro-entrepreneur ne publient aucune annonce légale à la création. Leur activité ne crée pas de personne morale distincte : l’entreprise se confond avec la personne physique. Le groupement d’intérêt économique (GIE) échappe lui aussi à cette formalité au moment de sa constitution. Cette dispense représente une économie réelle, de l’ordre de 140 € à 200 € selon la forme qu’aurait prise une société équivalente. Elle explique en partie pourquoi la micro-entreprise reste le régime d’entrée le plus léger. Attention toutefois : passer plus tard d’une micro à une société déclenchera, à ce moment-là, l’obligation de publication.
Combien coûte une annonce légale de création en 2026
Le prix ne dépend ni du journal choisi ni de la longueur du texte. Depuis 2021, l’annonce de constitution est facturée au forfait. Ce forfait est fixé chaque année par arrêté ministériel et s’applique au 1er janvier. Tous les supports habilités d’un même département appliquent le même montant.
Le forfait 2026, forme juridique par forme juridique
Le tarif 2026 découle de l’arrêté du 19 novembre 2025, publié au Journal officiel le 28 décembre 2025. La hausse reste contenue : +0,97 % par rapport à 2025, soit quelques euros par annonce. Deux grilles coexistent. La première couvre la métropole et la plupart des départements d’outre-mer. Depuis 2024, le forfait métropolitain s’applique en effet à la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Wallis-et-Futuna. Seules La Réunion et Mayotte conservent un tarif majoré. Le tableau ci-dessous récapitule les montants hors taxes en vigueur.
| Forme juridique | Tarif 2026 (HT) | La Réunion / Mayotte (HT) |
|---|---|---|
| SARL | 148 € | 173 € |
| EURL | 124 € | 147 € |
| SAS | 199 € | 233 € |
| SASU | 142 € | 167 € |
| SCI | 191 € | 223 € |
| SNC | 220 € | 259 € |
| Société civile (hors SCI) | 222 € | 263 € |
| SA | 399 € | 466 € |
Tarifs forfaitaires hors taxes, arrêté du 19 novembre 2025, applicables au 1er janvier 2026.
À retenir : l’EURL et la SASU figurent parmi les formes les moins chères sur ce poste. La SA reste de loin la plus coûteuse, du fait de la longueur réglementaire de son avis.
Prix HT, TVA et frais de création associés
Les montants affichés s’entendent hors taxes. La TVA à 20 % s’ajoute systématiquement. Une annonce de SARL à 148 € HT revient donc à 177,60 € TTC. Ce détail pèse dans un budget de création serré. L’annonce légale n’est par ailleurs qu’une ligne parmi les frais obligatoires. Pour une société commerciale, l’immatriculation au guichet unique coûte 33,83 €, à laquelle s’ajoute la déclaration des bénéficiaires effectifs, soit 19,33 €. En additionnant l’avis, l’immatriculation et cette déclaration, le socle des frais d’État dépasse souvent 190 € pour une SAS, avant tout honoraire de prestataire ou dépôt de capital.
Comment publier son annonce légale, étape par étape
La publication obéit à une chronologie stricte. Elle vient après la signature des statuts et avant le dépôt de la demande d’immatriculation. Le support se choisit selon le département du siège social, jamais selon l’activité. Voici le déroulé concret.
Finalisez et signez les statuts
L’avis reprend les informations des statuts. Leur date doit précéder la publication, car elle figure parmi les mentions obligatoires.
Choisissez un support habilité dans le bon département
JAL ou service de presse en ligne agréé dans le département du siège social. Le tarif forfaitaire est identique partout.
Rédigez l’avis avec les mentions obligatoires
Dénomination, forme, capital, siège, objet, durée, dirigeant, greffe d’immatriculation. Chaque donnée doit coller aux statuts.
Payez et récupérez l’attestation de parution
En ligne, l’attestation au format PDF arrive presque immédiatement après le paiement.
Joignez l’attestation au dossier d’immatriculation
Déposez-la parmi les pièces du dossier sur le guichet unique de l’INPI, avant l’immatriculation.
Choisir un support habilité dans le bon département
Le critère est uniquement géographique : le support doit être habilité dans le département où se trouve le siège social de la société. L’activité, l’objet ou la taille n’entrent pas en compte. C’est aussi pourquoi le choix de la domiciliation de l’entreprise influe directement sur le département de publication. Deux formats coexistent : le journal d’annonces légales papier (JAL) et le service de presse en ligne (SPEL). Le second présente un avantage net. L’attestation arrive au format PDF presque immédiatement après le paiement, là où un journal imprimé impose parfois plusieurs jours d’attente.
Le délai de publication, ce que dit vraiment la loi
Une idée fausse circule : il faudrait publier dans les 30 jours. Ce délai existe, mais il vise les modifications de statuts décidées en assemblée, au titre de l’article R. 210-4 du Code de commerce. Pour une création, aucun délai légal rigide ne s’applique à l’annonce elle-même. La seule contrainte tient à l’ordre des opérations. La date des statuts doit précéder celle de la publication, et l’attestation doit exister avant le dépôt du dossier. En pratique, l’avis paraît dans les jours qui suivent la signature. Repousser l’opération ne fait qu’allonger le délai de création de l’entreprise dans son ensemble.
Mentions obligatoires et erreurs qui bloquent l’immatriculation
Le contenu de l’avis est encadré par la loi. Certaines informations doivent y figurer sans exception. D’autres varient selon la forme juridique. La règle d’or : l’annonce doit refléter les statuts au mot près. Tout écart se paie en délai.
Les mentions à faire figurer dans l’avis
Quelle que soit la société, l’avis de constitution indique la dénomination sociale, la forme juridique, le montant du capital social et l’adresse du siège. S’y ajoutent un résumé de l’objet social, la durée de la société et l’identité du représentant légal, gérant ou président. Le greffe d’immatriculation doit aussi apparaître. Les sociétés par actions complètent l’avis avec leurs clauses d’agrément et les conditions d’accès aux assemblées. Une particularité vaut pour la SCI : le nom du gérant n’y est pas obligatoire. Ces mentions ne sont pas décoratives. Elles donnent à un tiers de quoi cerner la société sans consulter les statuts.
De l’attestation de parution à l’immatriculation
Une fois l’avis publié, le support remet l’attestation de parution. Ce document est la pièce qui débloque la suite. Sans lui, impossible de déposer la demande sur le guichet unique de l’INPI. Le piège est connu : le guichet centralise les formalités mais ne contrôle pas le texte de l’annonce. Une erreur passe donc la publication, puis bloque l’immatriculation au moment de la validation. La corriger impose alors une annonce rectificative, facturée comme une nouvelle parution. Pour limiter ces allers-retours, beaucoup de fondateurs confient l’ensemble à une plateforme juridique qui gère statuts, annonce et dépôt. L’avis, payant et antérieur à l’immatriculation, ne se confond pas avec le BODACC, publié ensuite d’office par le greffe.
Pour replacer cette formalité dans l’ensemble du parcours, le détail des 5 étapes de la création d’une entreprise donne la vue d’ensemble. Une fois l’immatriculation validée, la société reçoit son numéro d’identification : voici comment obtenir un SIRET et ce que contient l’extrait Kbis, le document qui prouve son existence légale.
Questions fréquentes
Une auto-entreprise doit-elle publier une annonce légale ?
Non. La micro-entreprise et l’entreprise individuelle ne créent pas de personne morale, elles sont donc dispensées d’annonce légale à la création. L’obligation ne vise que les sociétés comme la SARL, la SAS ou la SCI.
Peut-on publier une annonce légale gratuitement ?
Non, la publication est toujours payante. Le prix est fixé par arrêté et identique dans tous les supports habilités d’un même département. Aucune exonération n’existe : comptez de 124 € à 399 € HT en 2026 selon la forme juridique.
Où trouver un journal habilité dans son département ?
Le portail de la publicité légale des entreprises (PPLE) et le site du service public recensent les supports habilités par département. La liste est mise à jour chaque année par arrêté préfectoral. Publier hors de cette liste invalide l’annonce.
En combien de temps reçoit-on l’attestation de parution ?
Avec un service de presse en ligne, l’attestation au format PDF est délivrée presque immédiatement après le paiement. Un journal papier peut demander plusieurs jours. Pour une création pressée, le format numérique reste le plus sûr.
Quelle différence entre l’annonce légale et le BODACC ?
L’annonce légale est payée par le créateur, avant l’immatriculation, dans un support habilité. Le BODACC est publié ensuite, automatiquement et gratuitement, par le greffe une fois la société immatriculée. Les deux informent le public, à deux moments distincts.