Dispositif NACRE 2026 : prêt à taux zéro et régions

Le dispositif NACRE national n’existe plus depuis le 1er janvier 2017. Le sigle continue pourtant de circuler, et nombre de porteurs de projet le recherchent encore comme une aide nationale active. La réalité est plus nuancée. Le Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d’Entreprise a été transféré aux régions, qui pilotent désormais chacune leur propre version.

Pour un porteur de projet, souvent demandeur d’emploi puisque près de 35 % des créateurs le sont, la question utile n’est donc plus « comment obtenir le NACRE » mais « quel dispositif ma région propose-t-elle ». Le NACRE reste l’une des principales aides à la création d’entreprise, notamment par son prêt sans intérêts compris entre 1 000 et 8 000 euros. Son fonctionnement, ses conditions et ses relais régionaux méritent d’être démêlés, chiffres à l’appui.

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Le dispositif NACRE existe-t-il encore en 2026 ?

La réponse tient en une date. Depuis le 1er janvier 2017, l’accompagnement à la création et à la reprise d’entreprise relève des régions, et non plus de l’État. Le NACRE tel qu’il fonctionnait au niveau national a donc disparu. Ce qui subsiste porte le même esprit, sous des noms et des règles qui changent selon le territoire.

◆ À retenir

  • Transfert aux régions : depuis le 1er janvier 2017, il n’existe plus de dispositif NACRE national unique.
  • Prêt à taux zéro : historiquement 1 000 à 8 000 euros, parfois jusqu’à 10 000, remboursable sur 5 ans maximum.
  • Accompagnement gratuit sur 3 ans, financé à l’origine par l’État et la Caisse des dépôts.

Un dispositif d’État transféré aux régions depuis 2017

Le NACRE a vu le jour début 2009. Il remplaçait alors deux dispositifs plus anciens, le programme EDEN et les chèques-conseils. Son financement reposait sur l’État et la Caisse des dépôts et consignations, via des opérateurs conventionnés répartis sur tout le territoire. L’objectif tenait en une idée simple : sécuriser les créateurs fragiles par un accompagnement long plutôt que par une simple subvention.

La bascule s’est jouée avec la décentralisation des politiques d’accompagnement. Depuis le 1er janvier 2017, la compétence relève des conseils régionaux, et non plus du ministère du Travail. Chaque région organise donc son propre parcours, conventionne ses opérateurs et fixe ses enveloppes budgétaires. Le cadre national unique a disparu, mais l’architecture en trois phases a largement survécu localement. Résultat : un porteur breton et un porteur francilien ne suivent plus le même dispositif, ni avec les mêmes montants.

Pourquoi le sigle NACRE survit dans les recherches

Le terme reste partout. De nombreuses pages, des forums et d’anciens documents administratifs présentent encore le NACRE comme une aide nationale active. Les sites officiels eux-mêmes ont gardé le mot par commodité. Service-Public évoque désormais les « dispositifs proposés par les régions (ancien dispositif Nacre) », une formulation vérifiée encore en avril 2025.

Cette persistance crée une confusion réelle. Un créateur qui cherche « comment obtenir le NACRE » tombe souvent sur des montants et des conditions figés qui ne reflètent plus la réalité de sa région. La bonne question n’est donc plus nationale mais locale. Mieux vaut partir du dispositif régional, puis vérifier ce qu’il reprend ou non de l’ancien modèle.

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Point de vigilanceDe nombreuses pages décrivent encore le NACRE comme une aide nationale à montant fixe. Depuis 2017, seules les régions fixent les conditions : vérifiez toujours l’information auprès de votre conseil régional.

Ce que contient l’accompagnement NACRE

Le NACRE ne se résume pas à un chèque. Son architecture, reprise en grande partie par les dispositifs régionaux, combine un suivi humain et un levier financier. Trois phases s’enchaînent, du montage du projet jusqu’au pilotage des premières années d’activité.

Trois phases, du montage au suivi à trois ans

Le parcours se découpe en trois temps. La première phase porte sur le montage du projet. Elle dure jusqu’à 4 mois pour une création et 6 mois pour une reprise. Le porteur y construit son business plan, choisit son statut juridique et teste la cohérence économique de son idée avec un référent.

La deuxième phase vise la structuration financière. Sur une durée comparable, l’objectif consiste à bâtir le plan de financement et à mobiliser les bons crédits, dont le prêt à taux zéro. C’est aussi le temps de l’intermédiation bancaire, où l’opérateur aide à convaincre une banque.

La troisième phase couvre le suivi du démarrage et du développement, sur 36 mois au maximum, découpés en trois périodes de douze mois. Ce suivi anticipe les difficultés et oriente les choix de croissance. Des outils de gestion comme Indy prennent souvent le relais une fois le dispositif refermé.

Le prêt à taux zéro et sa contrepartie bancaire

Le volet financier prend la forme d’un prêt sans intérêts ni garantie personnelle. Son montant se situe le plus souvent entre 1 000 et 8 000 euros, et grimpe parfois jusqu’à 10 000 euros selon les régions. La durée de remboursement atteint 5 ans au maximum. Les intérêts sont pris en charge par la puissance publique.

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Bon à savoirLe prêt à taux zéro reste un emprunt : seul l’intérêt est pris en charge. Le capital, lui, se rembourse intégralement sur cinq ans.

Reste la condition que beaucoup découvrent trop tard. Ce prêt ne se suffit jamais à lui-même. Il doit obligatoirement être adossé à un prêt bancaire complémentaire, d’un montant et d’une durée au moins équivalents. Autrement dit, le prêt à taux zéro sert d’effet de levier pour débloquer un financement bancaire, pas de trésorerie autonome. Sans accord d’une banque, il ne se concrétise pas.

Avantages

  • Accompagnement gratuit et long, jusqu’à trois ans
  • Prêt à taux zéro sans garantie personnelle
  • Effet de levier pour obtenir un crédit bancaire
  • Cumulable avec l’ACRE et l’ARCE

Inconvénients

  • Plus de dispositif national uniforme depuis 2017
  • Montants et règles variables selon la région
  • Prêt conditionné à un emprunt bancaire
  • Accès réservé à certains publics

Qui peut prétendre au dispositif NACRE

L’accès n’a jamais été universel. Le dispositif vise d’abord les personnes éloignées de l’emploi, même si les régions ont parfois élargi le périmètre. Deux séries de conditions se cumulent : le profil du porteur et la nature du projet.

Les publics visés en priorité

Le dispositif cible avant tout les personnes éloignées de l’emploi. Les demandeurs d’emploi indemnisés y ont accès, tout comme les non-indemnisés inscrits à France Travail pendant six mois sur les dix-huit derniers. Les bénéficiaires de minima sociaux entrent aussi dans le périmètre : RSA, allocation de solidarité spécifique, allocation temporaire d’attente.

Les jeunes constituent une autre cible prioritaire. Sont concernés les 18 à 25 ans, ainsi que les moins de 30 ans non indemnisés par l’assurance chômage ou reconnus en situation de handicap. S’ajoutent les créateurs installés dans un quartier prioritaire ou une zone de revitalisation rurale, les titulaires d’un contrat d’appui au projet d’entreprise, et les salariés repreneurs d’une société en difficulté. Les régions peuvent ensuite élargir ou resserrer cette liste.

Les conditions liées au projet et au statut

Le profil ne suffit pas : le projet compte autant. L’organisme attend une idée aboutie, appuyée sur un business plan ou un prévisionnel d’activité crédible. Un dossier flou ou prématuré peut justifier un refus, notamment si la création n’apparaît pas comme une vraie voie de retour à l’emploi.

La forme juridique, en revanche, n’est pas bloquante. La micro-entreprise ouvre droit au dispositif au même titre qu’une société. Si le projet prend la forme d’une société, le porteur doit toutefois en détenir le contrôle effectif. Par ailleurs, en cas de refus d’un opérateur conventionné, un recours reste possible devant le préfet de région.

Le dispositif ex-NACRE région par région

Depuis la décentralisation, chaque conseil régional conventionne ses propres opérateurs et fixe ses enveloppes. Le résultat est un patchwork de noms, de publics et de montants. Quelques exemples donnent la mesure de l’écart entre territoires.

Des noms et des montants qui varient selon le territoire

Aucun standard national ne s’applique plus. Les noms changent, les publics aussi, et les montants suivent les arbitrages de chaque conseil régional. Ces parcours forment désormais le cœur des aides régionales à la création d’entreprise. Un même profil peut donc être accompagné généreusement dans une région et plus modestement dans une autre, sans logique nationale pour lisser ces différences.

RégionDispositif ex-NACREPublic ou particularité
Île-de-FranceEntrepreneur#LeaderMinima sociaux, moins de 26 ans, QPV, handicap ; trois Pass (bâtir, financer, piloter)
Auvergne-Rhône-AlpesJe crée mon entrepriseTous porteurs de projet ; diagnostic puis suivi par un conseiller
Bourgogne-Franche-ComtéAccompagnement création-repriseCréateurs, repreneurs, activité de moins de 3 ans
BretagnePASS CréationCréation ou reprise à court terme ; opérateurs BGE
NormandieIci, je monte ma boîteDemandeurs d’emploi, minima sociaux ; aide sous forme de chèques

Exemples non exhaustifs. Le nom exact, les montants et les conditions se vérifient auprès de votre conseil régional.

Derrière chaque intitulé se cache une mécanique proche : un diagnostic de départ, un appui à la recherche de financement, puis un suivi dans la durée. Seules les portes d’entrée et les enveloppes diffèrent vraiment d’un territoire à l’autre.

Cumuler l’accompagnement régional avec l’ACRE et l’ARCE

Le NACRE régional n’avance jamais seul. Il se cumule d’abord avec l’ACRE, l’exonération partielle de cotisations sociales en début d’activité. Cette aide nationale reste indépendante de la région, mais elle n’est plus automatique : la demande doit être déposée auprès de l’URSSAF dans les 45 jours suivant l’immatriculation.

Le second levier vise les demandeurs d’emploi indemnisés. L’ARCE permet de toucher 60 % des droits au chômage restants sous forme de capital, pour financer le lancement. À défaut, le maintien de l’ARE assure un revenu pendant la montée en charge. Combiner accompagnement régional, exonération et capital chômage reste la configuration la plus solide pour démarrer.

Comment activer le dispositif dans votre région

La démarche ne passe plus par l’État. Elle commence au niveau régional, auprès d’un organisme conventionné. Le parcours reste balisé, mais l’interlocuteur change selon le territoire et le réseau choisi.

Trouver le bon organisme conventionné

La porte d’entrée se trouve au niveau régional, jamais directement auprès de l’État. Le premier réflexe consiste à interroger le service économique de son conseil régional, qui oriente vers les bons opérateurs. Plusieurs réseaux nationaux jouent ce rôle de relais sur le terrain.

Les chambres consulaires arrivent en tête : chambre de commerce et d’industrie pour les activités commerciales, chambre de métiers et de l’artisanat pour les artisans. S’y ajoutent les réseaux associatifs spécialisés, comme BGE, Initiative France, France Active ou l’ADIE pour le microcrédit. Chacun conventionne des conseillers capables de monter un dossier et d’accéder aux financements régionaux.

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AstuceLe réseau Bpifrance Création recense, région par région, les dispositifs et leurs opérateurs. Un point d’entrée plus fiable qu’une recherche au hasard.

Constituer le dossier et signer le contrat

La suite suit un fil logique, quel que soit le réseau choisi. Le dossier se construit avec le référent, sur 4 à 6 mois pour un projet de création. La demande se formalise ensuite par un contrat d’accompagnement, signé entre le porteur et l’organisme. Ce contrat fixe les phases retenues et, le cas échéant, déclenche la demande de prêt à taux zéro.

Identifier votre dispositif régional

Repérer le programme ex-NACRE de votre région via le conseil régional ou Bpifrance Création.

Contacter un organisme conventionné

Prendre rendez-vous avec une CCI, une CMA, BGE, Initiative France ou France Active.

Monter le dossier

Construire le business plan et le plan de financement avec votre référent, sur 4 à 6 mois.

Signer le contrat d’accompagnement

Formaliser l’engagement et, si le projet le justifie, demander le prêt à taux zéro adossé à un prêt bancaire.

Pour aller plus loin, le prêt à taux zéro régional se combine rarement seul dans un plan de financement. Le prêt d’honneur reste le levier le plus courant pour renforcer ses fonds propres avant de solliciter une banque. Un prêt bancaire pour créer complète ensuite le tour de table, souvent en miroir du prêt à taux zéro. Les créatrices, de leur côté, peuvent viser des aides ciblées selon le profil, femmes, jeunes ou plus de 50 ans.

LegalplaceIndy
Transparence : creation-entreprise.org peut percevoir une commission sur certains liens de cet article. Cela n’influence pas notre classement, établi sur des critères objectifs.

Questions fréquentes

Le dispositif NACRE existe-t-il encore ?

Non, pas au niveau national. Le NACRE a été transféré aux régions le 1er janvier 2017. Chaque région propose désormais son propre dispositif d’accompagnement (ex-NACRE), avec ses conditions et ses montants.

Quel est le montant du prêt à taux zéro NACRE ?

Historiquement entre 1 000 et 8 000 euros, parfois jusqu’à 10 000 selon la région, remboursable sur 5 ans maximum. Il doit obligatoirement être couplé à un prêt bancaire d’un montant et d’une durée au moins équivalents.

Peut-on bénéficier du NACRE en micro-entreprise ?

Oui. Le statut de micro-entrepreneur n’est pas un obstacle. L’éligibilité dépend du profil, demandeur d’emploi, bénéficiaire de minima sociaux ou jeune, et du sérieux du projet, pas de la forme juridique.

Le NACRE est-il cumulable avec l’ACRE ?

Oui. L’ACRE est une aide nationale qui se cumule avec l’accompagnement régional. Depuis 2020, elle n’est plus automatique pour les micro-entrepreneurs : la demande se fait dans les 45 jours suivant l’immatriculation. L’ARCE est également cumulable.

Comment trouver l’organisme NACRE de ma région ?

En passant par le service économique de votre conseil régional ou par Bpifrance Création, qui liste les dispositifs par territoire. Les réseaux BGE, Initiative France, France Active, les CCI et les CMA sont les opérateurs conventionnés les plus fréquents.