Créer son auto-entreprise en ligne prend une vingtaine de minutes et ne coûte rien. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités passent par un seul site officiel : le guichet unique de l’INPI. Le formulaire reste pourtant la partie la plus simple. Ce sont les choix faits juste avant, l’activité déclarée, le code APE, les options fiscales, qui pèseront sur vos charges pendant des années.
Avant de cliquer, un point mérite d’être clair. Une micro-entreprise est un régime simplifié, pas une société. Autrement dit, vous restez une personne physique qui exerce en nom propre. Pour cadrer le projet en amont, mieux vaut comprendre ce qu’implique ouvrir une micro entreprise avant de lancer la moindre déclaration.
Le vrai risque n’est donc pas technique. Chaque année, des milliers de créateurs paient un site privé pour une démarche entièrement gratuite. D’autres se trompent de catégorie d’activité, ce qui fausse leurs cotisations dès le premier euro encaissé. Deux pièges évitables, à condition de savoir où aller et quoi cocher.
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Sur quel site créer son auto-entreprise (et lesquels éviter)
Toutes les plateformes ne se valent pas. Une seule est officielle et gratuite. Les autres facturent un accompagnement, parfois utile, parfois opaque. Savoir distinguer les deux évite de payer pour un service que vous pouvez faire seul.
◆ À retenir
- La création est gratuite sur le guichet unique de l’INPI : 0 € de frais pour une activité libérale, commerciale ou artisanale classique.
- Le numéro SIREN est en général attribué en quelques jours ouvrés, après transmission automatique à l’URSSAF et à l’INSEE.
- Depuis le 1er janvier 2025, la procédure de secours a disparu : le guichet unique est le seul canal pour créer, modifier ou fermer.
Le guichet unique de l’INPI, passage obligé depuis 2023
Le portail officiel s’appelle le guichet unique, accessible sur procedures.inpi.fr. Issu de la loi Pacte, il a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises. Avant 2023, il fallait passer par la CCI pour un commerçant, la CMA pour un artisan, l’URSSAF pour un libéral. Désormais, un seul site centralise tout.
L’intérêt va au-delà de la simplicité. Une fois votre dossier validé, l’INPI transmet automatiquement les informations aux organismes concernés. L’URSSAF, l’INSEE et le greffe sont prévenus sans démarche de votre part. Vous suivez l’avancement depuis un tableau de bord, qui signale toute pièce manquante. Depuis le 1er janvier 2025, plus aucune procédure de continuité n’existe : tout se règle sur ce portail.
Sites payants ou démarche gratuite : ce que cache l’accompagnement
De nombreuses plateformes proposent de créer votre auto-entreprise « en quelques clics ». En réalité, elles déposent le dossier à votre place sur le portail de l’INPI et facturent des frais de service. L’accompagnement peut rassurer un débutant. Toutefois, la déclaration en elle-même reste gratuite : vous payez du temps gagné, pas une formalité obligatoire.
La nuance compte face aux arnaques. Certains sites imitent l’administration et facturent une démarche pourtant sans frais. Si vous préférez tout de même déléguer entièrement la formalité, une plateforme reconnue comme confier sa création à Legalplace assure le suivi du dossier contre un tarif affiché. La différence avec un site frauduleux tient à la transparence du prix.
Les documents à préparer avant de remplir le formulaire
Un dossier complet passe vite. Un dossier incomplet repart en régularisation et perd plusieurs semaines. La règle est donc simple : réunir toutes les pièces avant d’ouvrir le formulaire. Voici ce que le guichet unique réclame.
Identité, domicile et déclaration de non-condamnation
Trois justificatifs forment le socle commun. D’abord, une pièce d’identité valide, carte nationale ou passeport. Ensuite, un justificatif de domicile de moins de trois mois. Si vous êtes hébergé, joignez une attestation d’hébergement et la pièce d’identité de l’hébergeant. Enfin, une déclaration sur l’honneur de non-condamnation, qui atteste votre droit d’exercer.
L’adresse de l’entreprise mérite une décision rapide. Pour un auto-entrepreneur qui débute, le domicile personnel reste le choix le plus courant. Il est gratuit et parfaitement légal. Vous pourrez le modifier plus tard si l’activité grandit. Cette adresse figurera toutefois sur certains registres publics, un point à garder en tête.
Les justificatifs supplémentaires selon votre activité
Certaines situations exigent des pièces en plus. Si vous êtes né à l’étranger, préparez parfois une traduction assermentée de votre acte de naissance. Si votre métier est réglementé, le bâtiment, l’esthétique, le transport ou la restauration par exemple, joignez le diplôme, l’autorisation ou la qualification requis. Un agent commercial doit en outre s’inscrire au registre spécial dédié.
Mieux vaut vérifier ce point avant de commencer. Une activité réglementée déclarée sans justificatif sera bloquée. Par ailleurs, quelques activités restent fermées à la micro-entreprise, notamment certaines professions immobilières ou agricoles affiliées à la MSA. Un contrôle rapide de votre éligibilité évite un rejet en fin de parcours.
La procédure de création en ligne, étape par étape
La démarche suit toujours le même ordre. Un assistant virtuel accompagne chaque écran sur le portail. En pratique, six étapes séparent l’idée de l’immatriculation. Les voici dans l’ordre réel du formulaire.
Définir l’activité et vérifier l’éligibilité
Précisez votre activité principale, son code APE et si elle est réglementée. Ce choix détermine vos cotisations et l’organisme compétent.
Rassembler les pièces justificatives
Pièce d’identité, justificatif de domicile de moins de trois mois, déclaration de non-condamnation, plus les pièces spécifiques à votre métier.
Créer son compte sur le guichet unique
Rendez-vous sur procedures.inpi.fr. Créez un compte ou connectez-vous via FranceConnect pour gagner du temps.
Remplir la déclaration de création
Choisissez « entrepreneur individuel », jamais « société ». Renseignez état civil, adresse, activité et date de début réelle.
Joindre les pièces et signer
Téléversez vos justificatifs, vérifiez le récapitulatif, générez la synthèse, puis validez et signez le dossier.
Payer s’il y a lieu et suivre le dossier
Réglez les éventuels frais par carte, puis suivez le traitement jusqu’à l’attribution de votre numéro SIREN.
Remplir la déclaration sur le guichet unique
Une fois connecté, cliquez sur « Créer une entreprise », puis choisissez entrepreneur individuel. C’est l’erreur la plus fréquente : ne sélectionnez surtout pas « société ». La micro-entreprise reste une entreprise individuelle, pas une SARL ou une SASU. Le formulaire demande ensuite votre état civil complet, votre adresse et votre activité.
La date de début mérite de l’attention. Indiquez une date réelle, sans antidater. Elle déclenche le calcul de vos cotisations et de vos éventuelles exonérations. Si vous êtes salarié en parallèle, déclarez ce cumul à cette étape. Chaque champ mal rempli rallonge le délai de traitement, parfois de plusieurs semaines.
Signer, payer s’il y a lieu, et suivre son dossier
Avant la signature, l’écran « Récapitulatif » affiche l’ensemble de votre déclaration. Vérifiez chaque ligne, puis générez la synthèse de formalité à signer. Pour une micro-entreprise classique, la création reste gratuite. Certaines activités commerciales impliquent toutefois des frais d’immatriculation réglementés, réglables par carte bancaire.
Le dossier part ensuite vers l’autorité compétente pour validation. Une notification sur votre tableau de bord confirme l’immatriculation. En cas de pièce manquante, vous recevez une demande de régularisation, à traiter sur le portail. Si le dossier est rejeté, le remboursement d’éventuels frais est automatique. Comptez généralement quelques jours ouvrés pour un dossier propre.
Après la validation : ce qui change vraiment
L’immatriculation marque le départ de vos obligations. Deux blocs comptent dès le premier jour : vos identifiants officiels, et les options fiscales que vous avez retenues. Les ignorer coûte cher, parfois sous forme de redressement.
SIREN, SIRET et obligations immédiates
Le numéro SIREN, composé de neuf chiffres, devient votre identifiant officiel. Le SIRET y ajoute le code de votre établissement. Votre entreprise est inscrite automatiquement au Registre national des entreprises. Un commerçant est aussi inscrit au RCS, un agent commercial au RSAC, sans démarche supplémentaire de votre part.
Vos obligations courantes démarrent aussitôt. Vous déclarez votre chiffre d’affaires sur le site de l’URSSAF, chaque mois ou chaque trimestre. Cette déclaration est obligatoire même si le chiffre d’affaires est de 0. La cotisation foncière des entreprises est exonérée la première année. Un compte bancaire dédié devient obligatoire si votre CA dépasse 10 000 € deux années civiles de suite.
Les choix fiscaux qui pèsent sur votre activité
Trois options se décident à la création ou juste après. Le versement libératoire permet de payer l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, sous condition de revenu fiscal de référence. L’ACRE ouvre une exonération partielle de cotisations en début d’activité. La franchise en base de TVA vous dispense de facturer la TVA tant que vous restez sous les seuils.
Deux notions à ne pas confondre. Le plafond du régime micro décide si vous restez auto-entrepreneur. Le seuil de TVA décide si vous facturez ou non la taxe. On peut rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA. Le seuil unique de 25 000 € débattu en 2025 a finalement été abandonné. Les valeurs 2026 restent donc les suivantes.
| Seuil 2026 | Vente, hébergement | Prestations de services |
|---|---|---|
| Plafond du régime micro | 203 100 € | 83 600 € |
| Franchise de TVA (seuil de base) | 85 000 € | 37 500 € |
| Franchise de TVA (seuil majoré) | 93 500 € | 41 250 € |
Seuils 2026. Le plafond du régime et le seuil de TVA sont deux mécanismes indépendants.
La démarche reste gratuite si vous la réalisez vous-même. Notre page sur la création micro-entreprise gratuit détaille les rares cas où des frais peuvent apparaître. Pour suivre chaque écran du portail officiel, le guide sur l’immatriculation INPI auto entrepreneur reprend la procédure pas à pas.
Questions fréquentes
Créer son auto-entreprise en ligne est-il vraiment gratuit ?
Oui. Sur le guichet unique de l’INPI, la création coûte 0 € pour les activités libérales, commerciales et artisanales classiques. Seuls quelques actes annexes peuvent générer des frais. Tout site qui facture la déclaration elle-même doit éveiller votre méfiance.
Combien de temps pour obtenir son numéro SIRET ?
Comptez en général quelques jours ouvrés pour un dossier complet. Le délai dépend de la complétude des pièces et de l’activité. Un dossier incomplet repart en régularisation et peut prendre plusieurs semaines. Le tableau de bord vous tient informé à chaque étape.
Peut-on être salarié et créer une auto-entreprise en même temps ?
Oui, sous conditions. Le cumul est autorisé tant que votre contrat ne contient pas de clause d’exclusivité ou de non-concurrence. Les revenus de la micro s’ajoutent à votre salaire. Pensez à déclarer ce cumul lors de la création sur le guichet unique.
Peut-on créer son auto-entreprise sans passer par l’INPI ?
Non, pas directement. Le guichet unique de l’INPI est le seul canal officiel depuis 2023. Une plateforme privée peut déposer le dossier à votre place, mais elle le fait elle aussi sur ce portail. Il n’existe aucune autre voie d’immatriculation.
Faut-il un compte bancaire dédié dès la création ?
Pas au démarrage. Le compte dédié devient obligatoire seulement si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Un simple compte séparé suffit, sans obligation de compte professionnel payant. Beaucoup d’auto-entrepreneurs l’ouvrent toutefois plus tôt, pour clarifier leur comptabilité.