Déclaration URSSAF de l’auto-entrepreneur : comment déclarer son chiffre d’affaires

Déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF déclenche le calcul de vos cotisations sociales. On le confond souvent avec le paiement de l’impôt, alors que ce sont deux démarches distinctes. Et l’oubli se paie. Une échéance manquée entraîne 60,1 € de pénalité par déclaration, plus une majoration sur vos cotisations. Le principe reste pourtant simple : vous déclarez en ligne, chaque mois ou chaque trimestre, le montant réellement encaissé sur la période.

Le chiffre d’affaires à déclarer n’est pas celui que vous avez facturé, ni un montant net après charges. C’est la somme brute, hors taxes, encaissée pendant le mois ou le trimestre. Cette déclaration fait partie des obligations liées à l’URSSAF de l’auto-entrepreneur qui ouvrent vos droits sociaux. Ce montant brut sert ensuite de base à un taux forfaitaire, qui va de 12,3 % à 25,6 % selon votre activité en 2026.

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Ce que vous déclarez vraiment à l’URSSAF

La déclaration de chiffre d’affaires sert une seule chose : calculer vos cotisations sociales et, si vous l’avez choisi, votre versement libératoire de l’impôt. Elle ne remplace jamais votre déclaration de revenus annuelle. Comprendre cette logique évite la plupart des erreurs de début d’activité.

◆ À retenir

  • La déclaration est obligatoire même à 0 € : vous saisissez « Néant » à la place du montant.
  • Vous déclarez le chiffre d’affaires encaissé, hors taxes, sans déduire la moindre charge.
  • Un oubli coûte 60,1 € par déclaration, plus 5 % de majoration en mensuel ou 15 % en trimestriel.

Une déclaration sociale, pas une déclaration d’impôt

La déclaration à l’URSSAF est sociale : elle finance votre maladie, votre retraite et vos indemnités journalières. Elle se fait chaque mois ou chaque trimestre. Votre impôt sur le revenu, lui, se règle une fois par an. Chaque printemps, vous reportez votre chiffre d’affaires brut sur le formulaire 2042 C PRO, sur impots.gouv.fr.

Le versement libératoire brouille parfois cette frontière. En l’activant, vous payez votre impôt en même temps que vos cotisations, à un taux fixe de 1 % en vente, 1,7 % en prestations BIC ou 2,2 % en libéral. Même dans ce cas, la déclaration fiscale annuelle reste obligatoire. Elle sert à calculer votre revenu fiscal de référence.

Le chiffre d’affaires encaissé, hors taxes et sans abattement

Trois règles définissent le montant exact à saisir. D’abord, vous déclarez ce que vous avez encaissé, pas ce que vous avez facturé. Une facture émise mais non payée n’entre pas dans le calcul. Ensuite, le montant est hors taxes : si vous facturez la TVA, vous l’excluez du chiffre d’affaires déclaré. Enfin, le montant est brut, sans aucune charge retranchée.

Cette dernière règle surprend souvent. En micro-entreprise, vous ne déduisez ni matériel, ni déplacement, ni commission de plateforme. L’abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % est déjà intégré dans le taux de cotisation. Prenons un exemple. Vous facturez 2 000 € en mars, mais n’encaissez que 1 200 € le mois même, le solde arrivant en avril. Vous déclarez alors 1 200 € au titre de mars.

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AstuceMettez de côté votre taux dès chaque encaissement. En prestation de services, provisionnez autour de 25 % du montant reçu : vous couvrez ainsi cotisations, CFP et impôt sans mauvaise surprise à l’échéance.

Mensuelle ou trimestrielle : les dates à ne pas rater

Vous choisissez votre rythme de déclaration à la création de votre micro-entreprise. La périodicité mensuelle s’applique par défaut. La trimestrielle se demande dans le mois qui suit le début d’activité. Ce choix vaut pour l’année civile entière, puis se reconduit automatiquement chaque année.

Les 90 jours avant la première déclaration

Vous ne déclarez rien le jour du lancement. Un délai minimum de 90 jours sépare le début d’activité de la première échéance. Ce report laisse le temps aux premiers encaissements d’arriver. Vos déclarations restent toutefois accessibles dès la réception de votre notification d’affiliation.

Concrètement, une activité lancée en janvier en mode mensuel déclare pour la première fois autour du 31 mai, en cumulant les premiers mois. En mode trimestriel, la première échéance tombe vers le 31 juillet. Pendant cette fenêtre de 90 jours, vos déclarations et paiements validés restent modifiables, sauf en cas de règlement par carte bancaire.

Les échéances de l’année selon votre rythme

En déclaration mensuelle, vous déclarez le chiffre d’affaires d’un mois avant la fin du mois suivant. Le chiffre d’affaires de janvier se déclare ainsi jusqu’à fin février. En déclaration trimestrielle, les dates sont fixes : 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier. Chaque échéance couvre le trimestre précédent.

Quand une date limite tombe un week-end ou un jour férié, elle glisse au jour ouvré suivant. Vous pouvez aussi changer de périodicité, mais pas en cours d’année. La demande se transmet avant le 31 octobre pour qu’elle s’applique à l’année suivante. En attendant, le rythme initial reste actif.

Déclarer et payer, étape par étape

La démarche est entièrement dématérialisée depuis 2019. Plus aucune déclaration papier n’existe, quel que soit votre chiffre d’affaires. Tout se passe sur le site de l’URSSAF dédié aux auto-entrepreneurs ou sur son application mobile. L’opération prend quelques minutes, et le montant des cotisations s’affiche automatiquement.

La marche à suivre sur le portail

Vous déclarez sur le portail auto-entrepreneur de l’URSSAF, depuis votre compte URSSAF personnel. La première connexion demande votre numéro de SIRET et votre numéro de sécurité sociale. Ensuite, vos identifiants suffisent. Le parcours suit toujours la même séquence.

Se connecter à son espace

Rendez-vous sur autoentrepreneur.urssaf.fr et identifiez-vous. La première fois, munissez-vous de votre SIRET et de votre numéro de sécurité sociale.

Ouvrir l’échéance en cours

Dans « Mon auto-entreprise au quotidien », cliquez sur « Déclarer et payer ». La période concernée s’affiche.

Saisir le chiffre d’affaires encaissé

Indiquez le montant brut hors taxes reçu sur la période. À 0 €, saisissez « Néant ». La déclaration reste obligatoire.

Vérifier le montant des cotisations

L’URSSAF calcule seule vos cotisations selon votre activité. Vous n’avez aucun taux à appliquer vous-même.

Payer et télécharger le justificatif

Choisissez votre mode de paiement, validez, puis récupérez votre attestation au format PDF pour vos archives.

Choisir et sécuriser son paiement

Trois modes de paiement coexistent. La carte bancaire débite immédiatement. Le télépaiement par mandat SEPA prélève votre compte après la date d’exigibilité, entre le 1er et le 4 du mois suivant. Le virement reste possible. Une fois le mandat SEPA en place, il s’applique à vos déclarations suivantes.

Après paiement, votre attestation de déclaration devient téléchargeable. Conservez-la, ainsi que vos factures, pendant toute la durée de votre activité. En effet, l’URSSAF peut demander ces justificatifs en cas de contrôle. Votre historique complet reste par ailleurs accessible dans la rubrique « Mes documents » de votre espace.

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Bon à savoirDans les départements d’outre-mer, votre interlocuteur est la CGSS, pas l’URSSAF. La démarche en ligne et les règles de calcul restent strictement identiques.

Combien coûte chaque déclaration en 2026

Vos cotisations correspondent à votre chiffre d’affaires multiplié par un taux forfaitaire. Ce taux dépend de la nature de votre activité. À cela s’ajoutent une contribution à la formation et, pour certains, une taxe de chambre consulaire. Les taux des professions libérales ont encore augmenté au 1er janvier 2026.

Les taux de cotisations selon votre activité

Quatre catégories structurent le barème. La vente de marchandises reste la moins taxée. Les prestations libérales, classées en BNC, supportent désormais le taux le plus élevé : il est passé de 24,6 % à 25,6 % cette année. Vous retrouvez le détail complet sur la page consacrée au taux URSSAF de l’auto-entrepreneur.

ActivitéCatégorieTaux de cotisations 2026Versement libératoire
Vente de marchandises, hébergementBIC12,3 %1 %
Prestations de services commerciales ou artisanalesBIC21,2 %1,7 %
Prestations de services libéralesBNC25,6 %2,2 %
Professions libérales affiliées à la CIPAVBNC réglementé23,2 %2,2 %

Taux de cotisations sociales en vigueur au 1er janvier 2026. Sources : URSSAF, economie.gouv.fr.

Deux ajouts complètent ces taux. La contribution à la formation professionnelle s’élève à 0,1 % à 0,3 % du chiffre d’affaires selon l’activité. Les commerçants et artisans paient en plus une taxe de chambre consulaire, sauf si leur chiffre d’affaires reste sous 5 000 €. Si vous bénéficiez de l’ACRE, vos cotisations sont allégées la première année. Attention toutefois : pour les créations à partir du 1er juillet 2026, cet allègement passe de 50 % à 25 %.

Les oublis qui déclenchent pénalités et majorations

L’erreur la plus coûteuse reste l’oubli pur et simple. Chaque déclaration manquante entraîne une pénalité de 60,1 €. À cela s’ajoute une majoration sur vos cotisations : 5 % par déclaration manquée en mensuel, 15 % en trimestriel. Ces montants se cumulent sur l’année civile, déclaration après déclaration.

Deux autres erreurs reviennent souvent. Déclarer le chiffre d’affaires facturé plutôt qu’encaissé fausse le calcul, en gonflant artificiellement vos cotisations. Inclure la TVA dans un montant censé rester hors taxes produit le même effet. Dans les deux cas, une régularisation devient nécessaire. Mieux vaut donc vérifier ces deux points avant chaque validation.

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Point de vigilanceUne déclaration à zéro n’est jamais facultative. Tant que votre micro-entreprise existe, vous devez déclarer « Néant » à chaque échéance, même sans le moindre encaissement, sous peine de pénalité.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je déclare 0 € ?

Vous ne payez aucune cotisation : sans chiffre d’affaires, rien n’est dû. En revanche, la déclaration elle-même reste obligatoire. Vous saisissez « Néant ». L’oublier expose à la pénalité de 60,1 € par échéance manquée.

Puis-je passer de la déclaration mensuelle à trimestrielle ?

Oui, mais pas en cours d’année. La modification se demande avant le 31 octobre et s’applique à l’année suivante. Le choix vaut alors pour l’année civile entière, puis se reconduit tacitement.

Dois-je aussi déclarer mon chiffre d’affaires aux impôts ?

Oui. Chaque année, vous reportez votre chiffre d’affaires brut sur le formulaire 2042 C PRO, sur impots.gouv.fr. Cette déclaration fiscale reste due même si vous avez opté pour le versement libératoire de l’impôt.

Comment corriger une déclaration erronée ?

Depuis votre espace URSSAF, vous effectuez une déclaration rectificative. Elle corrige le montant de la période concernée. Si l’erreur a déjà donné lieu à un paiement, l’écart est régularisé sur l’échéance suivante.

La TVA fait-elle partie du chiffre d’affaires à déclarer ?

Non. Le chiffre d’affaires déclaré à l’URSSAF s’entend toujours hors taxes. Si vous facturez la TVA, vous l’excluez du montant saisi. L’inclure majorerait à tort vos cotisations sociales.

Indy
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