Créer une micro-entreprise ne coûte rien. La déclaration de début d’activité se fait gratuitement sur le guichet unique de l’INPI, et le numéro SIRET arrive en général sous 24 à 72 heures. Pourtant, des dizaines de sites privés facturent entre 50 et 300 € une formalité que l’État rend gratuite.
La gratuité s’arrête toutefois à l’immatriculation. Le vrai budget de départ se joue ailleurs : assurance, compte bancaire, cotisations, parfois une formation. C’est le point à clarifier avant d’ouvrir une micro-entreprise : savoir précisément ce qui est offert et ce qui se paie.
En 2026, deux évolutions pèsent sur ce calcul. D’une part, les plafonds de chiffre d’affaires ont été revalorisés. D’autre part, l’ACRE, l’aide qui divisait les cotisations de la première année, a été nettement réduite.
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La création est-elle vraiment gratuite ? La réponse en deux minutes
Oui, pour la grande majorité des activités. Depuis le 1er janvier 2023, l’immatriculation passe par le guichet unique de l’INPI, qui ne facture rien aux commerçants, artisans et professionnels libéraux non réglementés. La confusion vient surtout des plateformes payantes qui se positionnent devant le site officiel.
◆ À retenir
- La déclaration de création est gratuite sur le guichet unique de l’INPI pour la plupart des activités.
- Le SIRET est délivré en 24 à 72 heures après validation d’un dossier complet.
- Le coût réel d’une micro-entreprise se situe après la création : assurance, compte dédié, cotisations.
Ce que couvre la formalité gratuite
Le guichet unique sert de point d’entrée unique. Concrètement, il collecte vos informations puis les transmet automatiquement aux bons organismes : l’INSEE pour le numéro SIRET, l’URSSAF pour les cotisations, l’administration fiscale, et le Registre National des Entreprises (RNE). Ce portail a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises (CFE), qui orientaient mal près de 15 % des dossiers avant la réforme.
La démarche est entièrement dématérialisée. Vous vous connectez via FranceConnect, vous déclarez votre activité, vous joignez vos pièces justificatives, puis vous signez électroniquement. Aucun déplacement ni courrier n’est requis. En pratique, le SIRET tombe sous 72 heures pour une activité libérale, parfois en quelques jours de plus pour l’artisanat et le commerce.
Le seul site officiel, et le piège des plateformes payantes
Une seule adresse officielle existe : procedures.inpi.fr, accessible aussi via formalites.entreprises.gouv.fr. Tout le reste relève du service privé. De nombreuses plateformes proposent de réaliser la formalité à votre place, ce qui reste parfaitement légal. Le problème survient quand elles facturent 50 à 300 € sans préciser que la démarche est gratuite à la source.
Ces services revendent en réalité un accompagnement : vérification du dossier, conseil sur le régime fiscal, assistance. Cela peut avoir de la valeur pour un premier projet. Toutefois, si l’objectif est seulement de remplir un formulaire, le faire soi-même prend une trentaine de minutes pour 0 €.
Les frais qui peuvent s’ajouter selon votre activité
La gratuité concerne l’immatriculation, pas l’ensemble du lancement. Selon votre métier, plusieurs postes s’ajoutent : une formation pour certains artisans, une assurance obligatoire, un compte bancaire dédié. Voici les montants à anticiper en 2026.
| Poste | Montant | Quand ? |
|---|---|---|
| Immatriculation au guichet unique | 0 € | Commerçants, artisans, libéraux non réglementés |
| Stage SPI (artisans) | ~260 € | Facultatif depuis 2019 |
| Inscription au RSAC (agents commerciaux) | ~25 € | Uniquement pour les agents commerciaux |
| Assurance RC Pro ou décennale | Variable | Obligatoire selon l’activité |
| Compte bancaire dédié | 0 à 15 €/mois | Si CA > 10 000 € sur 2 ans |
| CFE (cotisation foncière) | 0 € l’an 1 | Puis selon la commune |
Fourchettes indicatives 2026, hors prestations facultatives de plateformes privées.
Artisans : le SPI est facultatif, pas obligatoire
C’est l’erreur qui circule le plus. Le Stage de Préparation à l’Installation (SPI) n’est plus obligatoire depuis la loi PACTE du 24 mai 2019. Auparavant, suivre ce stage conditionnait l’inscription des artisans au répertoire des métiers. Désormais, il relève du volontariat, pour les artisans uniquement.
Quand vous choisissez de le suivre, comptez environ 260 € pour une trentaine d’heures, avec des écarts selon la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Son prix n’est d’ailleurs plus encadré par la loi. Plusieurs aides peuvent le financer : le CPF, France Travail ou le FAFCEA. Méfiez-vous donc des contenus qui le présentent encore comme une dépense imposée de 300 €.
Assurances, compte bancaire et domiciliation
Certaines activités imposent une assurance dès le premier jour. Dans le bâtiment, la garantie décennale est obligatoire avant le premier chantier. Pour le conseil, le coaching ou les métiers du soin, une responsabilité civile professionnelle est souvent exigée. Le tarif dépend du secteur et du chiffre d’affaires.
Côté banque, un compte dédié devient obligatoire seulement si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années de suite. Il peut s’agir d’un simple compte courant distinct, facturé de 0 à 15 € par mois selon l’établissement. La domiciliation, enfin, reste gratuite à votre adresse personnelle.
ACRE, CFE, cotisations : ce qui allège ou alourdit le démarrage
La création est gratuite, mais l’économie de la première année dépend de trois leviers : l’aide ACRE, l’exonération de CFE et le taux de cotisations. C’est là que se joue la différence entre un démarrage allégé et une trésorerie sous tension.
L’ACRE, une exonération réduite en 2026
L’ACRE réduit vos cotisations sociales pendant les premiers trimestres d’activité. C’est l’avantage le plus souvent mal documenté. Jusqu’en 2026, l’exonération atteignait 50 % des cotisations. Depuis le 1er juillet 2026, elle est tombée à 25 %, et son champ d’éligibilité a été resserré par la loi de financement de la Sécurité sociale.
Autre point décisif : le calendrier. La demande doit être déposée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant la création. Passé ce délai, l’aide est définitivement perdue. Beaucoup de guides affichent encore 50 % et un délai de 45 jours, des chiffres dépassés. Pour ne pas vous tromper de régime ni rater cette fenêtre, vous pouvez aussi confier la création à une plateforme d’accompagnement, qui vérifie votre éligibilité et coche les bonnes options.
CFE et cotisations : les vraies charges récurrentes
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est exonérée la première année. Ensuite, son montant varie selon la commune. Une exonération permanente s’applique toutefois si votre chiffre d’affaires reste sous 5 000 €. C’est la seule charge qui tombe même sans activité, contrairement aux cotisations sociales.
Ces cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé : 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les services commerciaux ou artisanaux, 25,6 % pour les libéraux non réglementés (taux passé de 24,6 % au 1er janvier 2026) et 23,2 % pour les professions affiliées à la CIPAV. En 2026, les plafonds de chiffre d’affaires atteignent 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services.
Pour suivre chaque étape à l’écran, consultez notre guide de la création auto-entrepreneur en ligne. Et pour comprendre le rôle exact de la plateforme publique, voyez comment fonctionne l’immatriculation au guichet unique de l’INPI.
Questions fréquentes
Faut-il payer pour obtenir un numéro SIRET ?
Non. Le SIRET est attribué gratuitement par l’INSEE après l’immatriculation au guichet unique. Comptez 24 à 72 heures pour une activité libérale, parfois jusqu’à deux semaines si le dossier doit être corrigé.
Peut-on créer une micro-entreprise sans argent ?
Oui. Aucun capital minimum n’est exigé, car la micro-entreprise est une entreprise individuelle, pas une société. Vous démarrez avec 0 € d’apport, contrairement à une SASU ou une SARL.
Les plateformes comme Legalstart sont-elles obligatoires ?
Non. Elles proposent un service payant d’accompagnement, jamais imposé. Le seul site officiel et gratuit reste procedures.inpi.fr. Une plateforme privée ne se justifie que pour déléguer la formalité ou être conseillé sur le régime.
Combien coûte vraiment une micro-entreprise la première année ?
La formalité coûte 0 €. Les dépenses réelles dépendent de l’activité : assurance RC Pro, compte dédié au-delà de 10 000 € de CA, et la CFE à partir de la deuxième année. Les cotisations ne s’appliquent qu’au chiffre d’affaires encaissé.
L’ACRE est-elle automatique en 2026 ?
Non. Depuis 2026, l’exonération est tombée à 25 % des cotisations, son éligibilité est resserrée et la demande doit être faite dans les 60 jours suivant la création. Sans demande dans ce délai, l’aide est perdue.