Ouvrir une SASU coûte environ 195 € de frais obligatoires et prend deux à quatre semaines. La partie administrative est, en réalité, la plus simple du parcours. Cinq étapes suffisent : rédiger les statuts, déposer le capital, publier une annonce légale, puis déposer le dossier sur le Guichet unique de l’INPI.
La vraie décision se joue ailleurs. La SASU n’est que la version à associé unique de la SAS, et son intérêt tient à deux choix structurants : le régime social du président et le mode d’imposition des bénéfices. Ces deux paramètres pèsent bien plus lourd que les frais de greffe et d’annonce légale.
Le président de SASU est assimilé salarié. Sa protection sociale est proche de celle d’un cadre, mais ses cotisations atteignent environ 82 % de son salaire net. En contrepartie, ses dividendes échappent aux cotisations sociales. Comprendre ce mécanisme avant de signer les statuts évite les mauvaises surprises de trésorerie.
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Statuts, annonce légale et dépôt au greffe gérés en ligne, à prix fixe et sans erreur de dossier.
Les conditions à réunir avant d’ouvrir une SASU
Avant de lancer la moindre démarche, deux points méritent d’être tranchés : qui crée la société et avec quel capital. La SASU reste ouverte à presque tous les profils. Le montant du capital, lui, envoie un signal direct aux banques et aux clients. Ces deux choix conditionnent toute la suite du dossier.
◆ À retenir
- Aucun capital minimum légal : 1 € suffit, mais 1 000 € au moins rassurent vos partenaires.
- Cinq étapes obligatoires et un dépôt 100 % en ligne sur le Guichet unique de l’INPI.
- Compter environ 195 € de frais incompressibles et 2 à 4 semaines jusqu’au Kbis.
Qui peut créer une SASU
La SASU s’adresse à presque tous les profils. Toute personne physique majeure peut en devenir l’associé unique. Une personne morale, comme une autre société, le peut également. La résidence en France n’est pas exigée : un entrepreneur établi à l’étranger peut créer sa SASU française.
En tant qu’associé unique, vous détenez la totalité du capital et exercez seul le contrôle de la société. Aucune nationalité particulière n’est requise. Un mineur émancipé peut aussi se lancer, sous réserve des règles propres à son statut.
L’activité, en revanche, mérite attention. La plupart des activités commerciales, artisanales ou libérales sont compatibles avec la SASU. Certaines professions réglementées imposent toutefois un diplôme ou une inscription à un ordre. Vérifiez ce point avant de figer votre objet social, car il détermine votre code APE.
Capital social : 1 € possible, mais pas toujours malin
La loi n’impose aucun capital minimum. Vous pouvez donc créer votre SASU avec 1 € symbolique. Ce minimum reste théorique. Un capital affiché trop faible envoie un signal négatif aux banques, aux investisseurs et à vos premiers clients. Un montant d’au moins 1 000 € crédibilise le dossier sans immobiliser de trésorerie excessive.
Le capital se compose d’apports en numéraire (de l’argent) ou en nature (un bien). Pour les apports en argent, la moitié au moins doit être versée à la création. Le solde se libère dans les cinq ans suivant l’immatriculation. Ces fonds se déposent sur un compte bloqué, ouvert auprès d’une banque ou d’un notaire. Les frais de dépôt vont de 0 à 100 €.
Les apports en nature suivent une règle plus stricte. Un commissaire aux apports devient obligatoire si un bien dépasse 30 000 €, ou si l’ensemble des apports en nature représente plus de la moitié du capital. Son intervention sécurise l’évaluation, mais ajoute un coût à anticiper.
Les étapes pour ouvrir une SASU
La procédure est entièrement dématérialisée depuis 2023. Elle s’enchaîne dans un ordre précis, car chaque étape produit un document exigé par la suivante. L’attestation de dépôt de capital et l’annonce légale, par exemple, sont indispensables au dépôt final. Voici le déroulé concret.
Choisir le nom, le siège et l’objet social
Vérifiez la disponibilité de la dénomination sur le site de l’INPI. Fixez l’adresse du siège. Définissez l’objet social avec précision : il cadre l’activité et détermine le code APE.
Rédiger et signer les statuts
C’est l’acte fondateur. Ils fixent la dénomination, le siège, l’objet, le capital et les pouvoirs du président. Une fois datés et signés, ils ouvrent le délai d’un mois pour le dépôt.
Déposer le capital social
Versez les apports en numéraire sur un compte bloqué, en banque ou chez un notaire. La moitié au moins à la création. Vous recevez une attestation, exigée pour l’immatriculation.
Publier l’annonce légale
Diffusez un avis de constitution dans un support habilité. Comptez un forfait d’environ 138 à 142 € HT en métropole. Conservez l’attestation de parution.
Déposer le dossier au Guichet unique de l’INPI
Réunissez statuts, attestation de capital, annonce et déclaration des bénéficiaires effectifs. Déposez le tout en ligne. Le greffe délivre le Kbis sous 3 à 7 jours ouvrables.
Rédiger les statuts : l’acte qui vous engage le plus
Les statuts ne sont pas une formalité de plus. Ils constituent la loi interne de votre société, encadrée par les articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce. La SASU offre une grande liberté de rédaction : vous organisez la gouvernance, les modalités de décision et la transmission des actions.
Cette liberté a une contrepartie. Un oubli ou une clause imprécise peut vous renvoyer aux règles de la société anonyme, dont le fonctionnement est plus lourd. Mieux vaut donc être complet : pouvoirs du président, clause d’agrément, conditions de cession, durée de la société.
Vous avez deux options. La rédaction seule coûte 0 €, mais expose à des erreurs juridiques difficiles à corriger ensuite. L’accompagnement par une plateforme ou un professionnel sécurise le document. Pour une activité simple, des statuts standards bien remplis suffisent souvent. Pour un projet avec plusieurs apports ou une gouvernance particulière, l’appui d’un juriste se justifie.
Déposer le dossier sur le Guichet unique de l’INPI
Depuis le 1er janvier 2023, l’immatriculation passe exclusivement par le Guichet unique de l’INPI. Les centres de formalités ont disparu. Vous déposez votre dossier en ligne, et le portail le transmet au greffe du tribunal de commerce compétent.
Le dossier réunit plusieurs pièces : statuts signés, attestation de dépôt de capital, attestation de parution de l’annonce et déclaration des bénéficiaires effectifs. S’y ajoutent une copie de la pièce d’identité du président et une déclaration sur l’honneur de non-condamnation de moins de trois mois. Vous pouvez gérer cette étape vous-même ou créer votre SASU en ligne via une plateforme qui prépare et dépose le dossier à votre place.
Une fois le dossier validé, le greffe procède au contrôle puis délivre l’extrait Kbis sous 3 à 7 jours ouvrables. Vous obtenez alors votre numéro SIREN, votre SIRET et votre code APE. Un récépissé provisoire, valable un mois, permet d’avancer certaines démarches en attendant.
Combien coûte l’ouverture d’une SASU
Le coût se divise en deux blocs : des frais officiels incompressibles et un poste variable, la rédaction des statuts. Les premiers sont fixés par décret et identiques partout. Les seconds dépendent de votre autonomie. Un même dossier peut coûter 195 € ou 2 500 €.
| Poste | Montant 2026 | Précision |
|---|---|---|
| Annonce légale (avis de constitution) | 138 à 142 € HT | Forfait, varie selon la région |
| Immatriculation au greffe (RCS) | 33,83 € | Activité commerciale |
| Bénéficiaires effectifs (RBE) | 20 € environ | Obligatoire au dépôt |
| Total incompressible | Environ 195 € | Hors capital et statuts |
Tarifs 2026 (greffe et annonce légale). Montants plus élevés en outre-mer.
Les frais incompressibles, poste par poste
Trois postes officiels constituent le socle incompressible. L’annonce légale représente le plus gros montant : un forfait d’environ 138 à 142 € HT en métropole, un peu plus en outre-mer. L’immatriculation au registre du commerce coûte 33,83 € pour une activité commerciale. La déclaration des bénéficiaires effectifs ajoute une vingtaine d’euros.
Le total tourne donc autour de 195 €, hors capital et hors rédaction des statuts. Une activité artisanale entraîne des frais supplémentaires : environ 45 € d’inscription, ou 15 € en cas d’activité mixte, plus une redevance de chambre de métiers.
Bonne nouvelle pour la trésorerie : ces frais de constitution sont déductibles du résultat de la société. Pensez aussi à conserver toutes les factures, car les dépenses avancées avant l’immatriculation peuvent vous être remboursées ensuite par la SASU.
Faire seul ou se faire accompagner
L’écart de prix tient presque entièrement à la rédaction des statuts. En autonomie complète, vous restez autour de 195 € : statuts à 0 €, formalités gérées seul. Le risque se situe sur la qualité juridique du document.
Une plateforme en ligne se situe entre 350 et 700 € selon le niveau de service. Elle cadre les statuts et fiabilise le dépôt. Des solutions comme Indy intègrent même la création, le dépôt de capital et le compte professionnel dans un seul parcours. Un avocat ou un expert-comptable facture plutôt 1 500 à 2 500 € pour la seule rédaction sur mesure, hors frais officiels.
Le bon choix dépend de la complexité du projet et de votre aisance avec l’administratif. Pour comparer chaque ligne de dépense et arbitrer, le détail du coût de création d’une SASU passe en revue tous les postes, des frais obligatoires aux options.
Le régime social et fiscal du président
C’est le cœur du sujet, et la raison pour laquelle tant d’indépendants choisissent la SASU. Deux régimes s’imbriquent : celui qui s’applique à votre salaire et celui qui frappe les bénéfices de la société. Chacun a ses règles, et le bon arbitrage change votre revenu net.
Assimilé salarié : protection forte, charges élevées
Dès qu’il se verse une rémunération, le président relève du régime assimilé salarié. Il dépend du régime général de la Sécurité sociale, comme un cadre. La protection est large : maladie, maternité, retraite de base et complémentaire AGIRC-ARRCO, prévoyance, indemnités journalières.
Cette couverture a un prix. Les cotisations atteignent environ 82 % du salaire net. Pour vous verser 1 000 € nets, la société débourse près de 1 820 €. Ce coût reste toutefois déductible du bénéfice imposable, ce qui allège l’IS. Un point mérite une attention particulière : le président ne cotise pas à l’assurance chômage et ne touchera aucune allocation France Travail en cas d’arrêt de son mandat.
La souplesse joue à votre avantage au démarrage. Sans rémunération, aucune cotisation n’est due, contrairement au gérant d’EURL soumis à un minimum. Vous ne validez alors aucun trimestre, mais vous préservez la trésorerie. Ce mécanisme distingue nettement les deux statuts, comme le détaille le comparatif SASU ou EURL.
IS par défaut, option IR sous conditions
Par défaut, la SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés. Le bénéfice supporte un taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 €, sous conditions de chiffre d’affaires et de détention du capital, puis 25 % au-delà (article 219 du Code général des impôts). La rémunération du président, déduite avant impôt, réduit mécaniquement ce bénéfice imposable.
Une option pour l’impôt sur le revenu existe, mais reste temporaire : cinq exercices maximum, sous conditions de taille et d’ancienneté. Elle convient surtout aux premières années déficitaires ou à des situations patrimoniales précises.
Les dividendes, eux, offrent un atout réel. Contrairement au gérant majoritaire de SARL, le président de SASU ne paie pas de cotisations sociales sur ses dividendes. Ils relèvent de la flat tax à 30 %. L’arbitrage entre salaire et dividendes devient alors central, comme l’explique le guide des dividendes en SASU. Ce traitement compte aussi parmi les différences entre SAS et SARL à connaître avant de choisir.
Pour aller plus loin : le fonctionnement de la SAS et la fiche dédiée à la société par actions simplifiée unipersonnelle posent les bases juridiques. Et puisque tout se joue à la signature, la méthode pour rédiger les statuts de SAS mérite une lecture attentive avant de finaliser votre dossier.
Questions fréquentes
Peut-on créer une SASU gratuitement ?
Non. Même en gérant tout vous-même, les frais officiels restent dus : annonce légale, greffe et bénéficiaires effectifs, soit environ 195 € au total. Seule la rédaction des statuts peut être ramenée à 0 € si vous la réalisez seul.
Peut-on ouvrir une SASU en étant salarié ?
Oui, c’est tout à fait possible et fréquent. Vous devez toutefois respecter votre contrat de travail, notamment les clauses de loyauté et de non-concurrence. La SASU n’oblige pas le président à se rémunérer, ce qui facilite le cumul.
Quel est le meilleur moment pour créer une SASU ?
Janvier est souvent conseillé. Le premier exercice comptable s’aligne sur l’année civile, ce qui simplifie la gestion. La cotisation foncière des entreprises est par ailleurs exonérée la première année civile de création, quel que soit le mois choisi.
Faut-il un compte bancaire dédié pour une SASU ?
Oui. Le dépôt du capital exige un compte bloqué à la création. Ensuite, une société doit disposer d’un compte distinct du compte personnel du dirigeant. Ce compte professionnel coûte généralement de 10 à 40 € par mois.
SASU ou micro-entreprise : laquelle choisir pour se lancer seul ?
La micro-entreprise coûte moins cher au démarrage et reste très simple à gérer, mais elle plafonne le chiffre d’affaires. La SASU implique plus de formalités et des charges sociales plus élevées, en échange d’une protection sociale forte et d’une capacité d’évolution sans plafond.