SAS : définition, création et fonctionnement (2026)

La société par actions simplifiée est la forme sociale commerciale la plus créée en France, devant la SARL. Son succès tient à une liberté rare : les actionnaires écrivent eux-mêmes les règles du jeu dans les statuts. Cette souplesse a un revers. Une SAS mal cadrée au départ provoque des blocages entre associés que la loi ne corrige pas.

Le statut concentre plusieurs idées reçues. Le capital peut démarrer à 1 €, mais ce montant fragilise la crédibilité bancaire. Le président profite d’une couverture sociale solide, payée par des charges élevées. Et depuis 2026, la fiscalité des dividendes a changé : la flat tax atteint désormais 31,4 %. Comprendre la SAS demande donc de relier trois leviers, le juridique, le social et le fiscal, avant même de lancer la création d’entreprise.

Créez votre SAS sans paperasse

Statuts, annonce légale, dépôt au greffe : la création de votre société est gérée en ligne, à prix fixe.

Lancer ma création →

Qu’est-ce qu’une SAS et comment fonctionne-t-elle ?

La SAS est une société commerciale régie par les articles L. 227-1 et suivants du Code de commerce, née de la loi du 3 janvier 1994. Son capital est divisé en actions, et non en parts sociales. Sa marque de fabrique reste la liberté laissée aux statuts pour organiser la direction et la prise de décision.

◆ À retenir

  • La SAS est une société de capitaux à actions, créée par la loi du 3 janvier 1994.
  • Aucun capital minimum : vous pouvez démarrer avec 1 €, responsabilité limitée aux apports.
  • Un président obligatoire, assimilé salarié, et une imposition à l’IS par défaut.

Une société de capitaux à gouvernance libre

Dans une SAS, les statuts fixent presque tout : organes de direction, modalités de vote, conditions d’entrée et de sortie des actionnaires. Cette latitude distingue nettement la SAS de la SARL, au cadre légal rigide. La société doit nommer un président, mais peut ajouter un directeur général ou un comité. Pour saisir précisément ce que recouvre ce statut, sa définition et son fonctionnement méritent un détour. À noter : la SAS ne peut pas être cotée en bourse, contrairement à la SA.

SAS ou SASU : un ou plusieurs actionnaires

La SAS exige au minimum deux actionnaires. Avec un associé unique, elle devient une SASU, sa version unipersonnelle. Les deux formes obéissent aux mêmes règles de fonctionnement et de fiscalité. Passer de l’une à l’autre n’est d’ailleurs pas une transformation : la SASU reste juridiquement une SAS à associé unique. L’entrée d’un nouvel investisseur fait basculer mécaniquement la SASU en SAS, sans changer de structure.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la SAS ?

La SAS séduit pour sa flexibilité et sa capacité à accueillir des investisseurs. Mais elle reste la forme où l’on rencontre le plus d’erreurs fondatrices. Peser ses forces contre ses contraintes évite de choisir un habit trop large ou trop coûteux pour son projet.

Les atouts qui expliquent son succès

Trois avantages reviennent systématiquement. D’abord, la responsabilité des associés se limite à leurs apports : le patrimoine personnel reste protégé. Ensuite, le président relève du régime général, avec une couverture maladie et retraite solide. Enfin, la SAS attire les investisseurs grâce aux actions de préférence et aux BSPCE. La cession d’actions ne supporte qu’un droit d’enregistrement de 0,1 %, contre 3 % pour les parts de SARL.

Les contreparties à anticiper

Le revers principal tient au coût social du président. Ses charges atteignent de l’ordre de 75 à 80 % du salaire net, contre 35 à 45 % du revenu pour un travailleur non salarié. Le président ne cotise pas non plus à l’assurance chômage. À cela s’ajoutent un formalisme comptable réel et des statuts techniques à rédiger avec soin.

Avantages

  • Responsabilité limitée aux apports
  • Grande liberté statutaire de fonctionnement
  • Couverture sociale du régime général pour le président
  • Aucune cotisation sociale sur les dividendes
  • Entrée d’investisseurs facilitée (actions de préférence, BSPCE)

Inconvénients

  • Charges sociales élevées sur la rémunération du président
  • Pas d’assurance chômage pour le dirigeant
  • Comptabilité et dépôt des comptes obligatoires
  • Rédaction des statuts juridiquement délicate
  • Pas d’accès à la cotation en bourse

Comment créer une SAS étape par étape ?

La création suit un parcours balisé, désormais entièrement dématérialisé. Depuis 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique de l’INPI. Le dossier se prépare en cinq temps, de la rédaction des statuts jusqu’à l’obtention du Kbis.

De la rédaction des statuts à l’immatriculation

Tout commence par la rédaction des statuts de la SAS, signés par tous les actionnaires. Le premier président y est désigné, ainsi que l’objet social et le siège. Vient ensuite la publication d’un avis de constitution dans un journal d’annonces légales. Les démarches concrètes pour ouvrir une SAS ou une SASU se finalisent sur le portail INPI, qui transmet au greffe. Le Kbis arrive en général sous 3 à 5 jours ouvrés.

Le capital social et son dépôt

Le capital social d’une SAS est fixé librement, à partir de 1 €. Au moins 50 % des apports en numéraire doivent être libérés dès la création, le solde dans les cinq ans. Les fonds se déposent sur un compte bloqué, en banque, chez un notaire ou à la Caisse des dépôts. Une solution comme un compte pro avec dépôt de capital intégré raccourcit cette étape. En pratique, viser 500 à 1 000 € renforce la crédibilité bancaire.

Rédiger et signer les statuts

Objet social, siège, capital, nomination du président. Comptez 0 € en autonomie, jusqu’à 2 500 € via un avocat.

Déposer le capital social

Au moins 50 % des apports en numéraire sur un compte bloqué, contre remise d’une attestation de dépôt.

Publier l’annonce légale

Avis de constitution dans un journal habilité : 199 € HT en métropole pour une SAS, 142 € HT pour une SASU.

Déposer le dossier au guichet unique

Formulaire et pièces sur le portail INPI. Immatriculation au RCS pour 33,83 €, plus 19,33 € de bénéficiaires effectifs.

Recevoir le Kbis

Le greffe traite la demande en 3 à 5 jours ouvrés et délivre l’extrait Kbis, preuve d’existence de la société.

Combien coûte la création d’une SAS en 2026 ?

Le budget se sépare en deux blocs : des frais légaux incompressibles et des postes variables selon le niveau d’accompagnement. Le plancher obligatoire reste modéré, mais la rédaction des statuts peut faire grimper la facture. Voici les montants applicables en France métropolitaine.

Les frais légaux obligatoires

Trois frais s’imposent à toute SAS. L’annonce légale de constitution coûte 199 € HT, contre 142 € HT pour une SASU, un tarif unipersonnel plus bas. S’ajoutent l’immatriculation au RCS, à 33,83 €, et la déclaration des bénéficiaires effectifs, à 19,33 €. Le plancher s’établit donc autour de 252 € HT pour une SAS et 195 € pour une SASU, hors capital et statuts.

Les postes optionnels qui font varier la facture

La rédaction des statuts est le poste le plus élastique. Gratuite en autonomie, elle coûte 150 à 500 € HT via une plateforme, et 1 500 à 2 500 € chez un avocat. Domiciliation, dépôt de marque ou assurance professionnelle complètent parfois l’enveloppe. La plupart de ces frais sont déductibles du résultat de la société.

Poste de dépenseSASSASUObligatoire ?
Immatriculation au RCS (INPI)33,83 €33,83 €✓
Annonce légale de constitution199 € HT142 € HT✓
Bénéficiaires effectifs (DBE)19,33 €19,33 €✓
Rédaction des statuts0 à 2 500 €0 à 2 500 €—
Total légal minimum~252 € HT~195 €✓

Tarifs 2026, France métropolitaine. Sources : guichet unique INPI, arrêtés tarifaires.

!
Point de vigilanceLa création n’est qu’un point de départ. Une SAS génère des frais récurrents : comptabilité, dépôt des comptes annuels, CFE à partir de la deuxième année, et un commissaire aux comptes au-delà de deux des trois seuils (bilan 5 M€, CA 10 M€, 50 salariés).

Quel statut social et quelle rémunération pour le président ?

Le régime social du président pèse lourd dans le bilan financier d’une SAS. Sa qualité d’assimilé salarié offre une protection forte, mais coûte cher. La rémunération combine généralement salaire et dividendes, deux canaux aux règles fiscales distinctes.

Le président, un dirigeant assimilé salarié

Le président de SAS relève du régime général de la Sécurité sociale. Il reçoit des bulletins de paie et bénéficie d’une couverture maladie et retraite alignée sur celle des salariés. En contrepartie, ses charges sociales représentent de l’ordre de 75 à 80 % du salaire net. Point important : il ne cotise pas au chômage et n’ouvre donc aucun droit à l’assurance chômage.

Salaire et dividendes : trouver le bon dosage

Deux leviers s’offrent au dirigeant. Le salaire ouvre des droits sociaux mais supporte de fortes cotisations. Les dividendes échappent aux cotisations sociales, un avantage majeur de la SAS. L’arbitrage entre rémunération et dividendes en SAS dépend donc du besoin de trésorerie et de couverture. Se verser uniquement des dividendes reste risqué : l’URSSAF peut requalifier, et le dirigeant se prive de toute protection sociale.

✦
AstuceUn dosage salaire/dividendes ne s’improvise pas. Depuis la hausse de la flat tax en 2026, l’écart entre les deux canaux s’est resserré. Une simulation chiffrée selon votre tranche d’imposition vaut mieux qu’une règle automatique.

Quelle fiscalité s’applique à la SAS ?

La SAS relève de l’impôt sur les sociétés par défaut, avec une option temporaire pour l’impôt sur le revenu. La fiscalité des dividendes, elle, a évolué au 1ᵉʳ janvier 2026. Ces deux dimensions conditionnent le net réellement perçu par les associés.

L’impôt sur les sociétés par défaut, l’option IR

Les bénéfices de la SAS sont soumis à l’IS au taux normal de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique sur la tranche jusqu’à 42 500 € de bénéfice, sous conditions : chiffre d’affaires inférieur à 10 M€ et capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. La fiscalité de la SAS, entre IS et option IR, autorise un basculement vers l’impôt sur le revenu pendant cinq exercices maximum.

La fiscalité des dividendes après la réforme 2026

Les dividendes versés aux actionnaires supportent le prélèvement forfaitaire unique. La flat tax combine 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % depuis 2026. Le contribuable peut opter pour le barème progressif s’il y a intérêt. Contrairement à la SARL à gérant majoritaire, les dividendes de SAS échappent aux cotisations sociales, quel que soit leur montant.

i
Bon à savoirLa hausse de la flat tax de 30 % à 31,4 % vient de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui a relevé la CSG sur les revenus du capital. Côté TVA, la SAS suit le droit commun, avec une franchise en base sous 37 500 € (services) ou 85 000 € (ventes).

SAS, SARL ou micro : comment choisir ?

Le choix du statut engage la fiscalité, les charges sociales et la protection du patrimoine pour des années. La SAS n’est pas toujours la bonne réponse : un projet à faible chiffre d’affaires s’accommode mieux d’une micro-entreprise. Comparer les formes sur des critères concrets clarifie la décision.

SAS ou SARL : actions contre parts sociales

La grande ligne de partage tient au cadre. La SAS délègue tout aux statuts, la SARL impose un cadre légal précis. Le président de SAS est assimilé salarié, le gérant majoritaire de SARL relève du régime TNS, moins coûteux. Les différences entre SAS et SARL jouent aussi sur les dividendes : en SARL, la fraction au-delà de 10 % du capital supporte les cotisations sociales TNS.

SASU face à l’EURL et à la micro-entreprise

Pour un entrepreneur seul, trois options se disputent le terrain. Le match SASU contre EURL oppose le régime assimilé salarié au régime TNS de l’EURL. Quand le projet est encore modeste, comparer la SASU et la micro-entreprise reste pertinent : la micro plafonne le chiffre d’affaires mais réduit les démarches à presque rien.

CritèreSAS / SASUSARL / EURLMicro-entreprise
Capital minimum1 €1 €Sans objet
Régime social du dirigeantAssimilé salariéGérant majoritaire TNSTNS
Fiscalité par défautISISIR (micro-BIC/BNC)
Cotisations sur dividendes—Oui au-delà de 10 % du capitalSans objet
Cession des titres0,1 %3 % après abattementSans objet
Idéal pourLevée de fonds, croissanceProjet familial, cadre stableTester une activité, faible CA

Comparatif synthétique 2026. Le bon choix dépend du projet, pas d’un classement universel.

Comment faire évoluer ou fermer une SAS ?

La vie d’une SAS ne s’arrête pas à sa création. Augmentation de capital, cession d’actions ou arrivée d’un associé rythment son existence. Et quand l’activité s’achève, la fermeture suit une procédure formelle à anticiper.

Les opérations courantes de la vie sociale

Plusieurs actes jalonnent le parcours d’une SAS. Une augmentation de capital fait entrer de nouveaux fonds ou de nouveaux actionnaires. Une cession d’actions transmet une partie du capital, par simple virement de titres. Toute modification statutaire suppose une décision collective, puis un dépôt au greffe. L’arrivée d’un second associé transforme naturellement une SASU en SAS, sans formalité de transformation.

Fermer une SAS ou une SASU

La fermeture se déroule en deux temps : dissolution puis liquidation. Les associés votent la dissolution, nomment un liquidateur, puis clôturent les comptes une fois les dettes réglées. La procédure pour fermer une SAS ou une SASU implique une annonce légale et un dépôt au greffe, pour un coût total souvent compris entre 300 et 600 €.

Pour aller plus loin. Le statut n’est qu’une brique du projet. Avant de vous lancer, vérifiez les aides à la création d’entreprise mobilisables et l’ensemble des étapes de création d’entreprise. Si votre activité débute petit, comparez la SAS à l’entreprise individuelle et au statut d’auto-entrepreneur. Une fois la société immatriculée, un bon logiciel de facturation sécurise votre gestion au quotidien.

Confiez la création de votre SAS à un formaliste

Statuts, dépôt de capital, immatriculation : un expert prend en charge votre dossier de A à Z.

Créer ma SAS →

Questions fréquentes

Quel est le capital minimum pour créer une SAS ?

Aucun minimum légal : une SAS peut se créer avec 1 € de capital. Au moins 50 % des apports en numéraire doivent être libérés à la constitution. En pratique, un capital de 500 à 1 000 € est conseillé pour la crédibilité bancaire.

Quelle est la différence entre une SAS et une SASU ?

La seule différence est le nombre d’associés. La SASU compte un associé unique, la SAS au minimum deux. Les règles de fonctionnement, le régime social du président et la fiscalité sont identiques. L’entrée d’un nouvel actionnaire transforme automatiquement une SASU en SAS.

Le président d’une SAS touche-t-il le chômage ?

Non. Le président est assimilé salarié mais ne cotise pas à l’assurance chômage. Il n’ouvre donc aucun droit à l’allocation chômage au titre de son mandat. Sa couverture maladie et retraite, en revanche, relève du régime général.

Combien coûte la création d’une SAS en 2026 ?

Le plancher légal s’élève à environ 252 € HT en métropole : 199 € HT d’annonce légale, 33,83 € d’immatriculation et 19,33 € de bénéficiaires effectifs. La rédaction des statuts ajoute de 0 € en autonomie à 2 500 € via un avocat.

Les dividendes d’une SAS sont-ils soumis aux cotisations sociales ?

Non, c’est un avantage clé de la SAS. Les dividendes échappent aux cotisations sociales, quel que soit leur montant, contrairement à la SARL à gérant majoritaire. Ils supportent la flat tax de 31,4 % en 2026, ou le barème progressif sur option.

LegalplaceIndyMaformaliste
Transparence : creation-entreprise.org peut percevoir une commission sur certains liens de cet article. Cela n’influence pas notre classement, établi sur des critères objectifs.