Plafond auto-entrepreneur 2026 : seuils de CA à respecter

Deux chiffres résument le régime micro en 2026 : 203 100 € de chiffre d’affaires pour la vente, 83 600 € pour les prestations de services. Ces montants ont été relevés au 1er janvier 2026 et restent figés jusqu’en 2028. Pourtant, ils ne constituent pas le premier plafond que rencontre la majorité des indépendants.

Le statut d’auto-entrepreneur repose sur deux limites bien distinctes, qu’on confond presque toujours. La première fixe l’accès au régime micro lui-même. La seconde, beaucoup plus basse, déclenche la TVA. Or c’est cette seconde barrière qui mord en premier pour un prestataire de services.

Concrètement, un consultant atteint le seuil de TVA à 37 500 € de recettes, soit bien avant le plafond de 83 600 €. Surveiller le mauvais chiffre coûte cher : factures à refaire, marge rognée, déclarations en retard. Voici les seuils exacts et la logique qui les sépare.

Les plafonds de chiffre d’affaires en 2026

Le régime micro impose un chiffre d’affaires maximal par année civile. Ce plafond dépend de la nature de l’activité. Depuis le 1er janvier 2026, les deux seuils ont été revalorisés d’environ 8 %, après plusieurs années de stabilité.

◆ À retenir

  • 203 100 € : plafond annuel pour la vente de marchandises, les denrées et l’hébergement (BIC).
  • 83 600 € : plafond pour les prestations de services et les professions libérales (BIC et BNC).
  • Ces montants valent pour 2026, 2027 et 2028, et se distinguent des seuils de TVA, nettement plus bas.

203 100 € pour la vente, 83 600 € pour les services

La distinction repose sur le type d’activité. Les activités de vente de marchandises, de fourniture de denrées et d’hébergement relèvent du plafond haut, fixé à 203 100 € en 2026. Il s’établissait à 188 700 € en 2025. Les prestations de services, qu’elles soient commerciales, artisanales ou libérales, plafonnent à 83 600 €, contre 77 700 € l’an dernier. Un graphiste, un consultant ou un coach se situe donc sur la limite basse. Un commerçant qui achète pour revendre profite de la limite haute. Ces seuils sont fixés par la loi et révisés selon l’inflation. La loi du 3 novembre 2025 les a verrouillés pour trois ans, ce qui offre une visibilité rare.

Type d’activitéPlafond 2026Plafond 2025
Vente de marchandises, hébergement (BIC)203 100 €188 700 €
Prestations de services (BIC)83 600 €77 700 €
Professions libérales (BNC)83 600 €77 700 €
Activité mixte (chiffre d’affaires global)203 100 €188 700 €

Plafonds annuels hors taxes, en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Sources : URSSAF, economie.gouv.fr.

Ce que recouvre vraiment le chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires retenu correspond aux sommes réellement encaissées, pas facturées. Une facture émise en décembre mais payée en janvier compte sur l’année suivante. Ce montant s’apprécie hors taxes et sans aucune déduction de charges. Vos dépenses de matériel, de logiciels ou de déplacement n’entrent pas dans le calcul du plafond. C’est une erreur fréquente : beaucoup confondent chiffre d’affaires et bénéfice. L’administration applique ensuite un abattement forfaitaire au moment de l’impôt, censé représenter vos frais. Il atteint 71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC et 34 % pour les activités libérales. Le revenu imposable n’a donc rien à voir avec le plafond affiché.

Activité mixte : une limite globale et une sous-limite

Certains indépendants vendent des produits et facturent aussi des prestations. On parle alors d’activité mixte. Dans ce cas, deux limites se cumulent. Le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €. À l’intérieur de ce total, la part des services reste plafonnée à 83 600 €. Un menuisier qui fabrique des meubles sur mesure et revend du mobilier acheté illustre ce schéma. Il peut encaisser jusqu’à 203 100 € au total, mais pas plus de 83 600 € sur sa fabrication. Dépasser l’une ou l’autre de ces bornes suffit à enclencher les règles de sortie. Suivre chaque flux séparément devient alors indispensable.

Plafond du régime micro et seuil de TVA : ne pas confondre

Voici le point qui piège le plus d’indépendants. Le plafond du régime micro et le seuil de franchise de TVA sont deux choses différentes. Ils n’ont ni le même niveau, ni la même conséquence, ni la même logique de dépassement.

Deux seuils à des niveaux très différents

Rester en micro-entreprise et facturer la TVA sont deux questions séparées. Le plafond micro détermine si vous gardez le régime simplifié. Le seuil de TVA détermine si vous devez collecter la taxe. En 2026, la franchise de TVA s’arrête à 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services. Elle repose sur l’article 293 B du Code général des impôts. Tant que vous restez dessous, vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Le projet d’un seuil unique abaissé à 25 000 €, beaucoup discuté en 2025, a été abandonné par la loi du 3 novembre 2025. Les seuils restent donc inchangés pour toute l’année 2026.

ActivitéSeuil de franchise (base)Seuil majoré (tolérance)
Vente de marchandises, hébergement85 000 €93 500 €
Prestations de services, professions libérales37 500 €41 250 €

Seuils de franchise en base de TVA 2026, maintenus par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025.

Pour un prestataire, la TVA arrive bien avant le plafond

L’écart entre les deux seuils change tout pour un prestataire de services. Son plafond micro atteint 83 600 €, mais sa franchise de TVA s’arrête à 37 500 €. La TVA le rattrape donc plus de deux fois plus tôt. Un consultant qui facture 45 000 € reste tranquillement en micro-entreprise. En revanche, il est déjà redevable de la TVA. Beaucoup l’ignorent et continuent de facturer sans taxe, ce qui crée un rappel douloureux. Pour un commerçant, l’écart est plus faible : 85 000 € de TVA contre 203 100 € de plafond. Le réflexe utile consiste à surveiller d’abord le seuil le plus bas applicable à votre activité.

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Point de vigilanceFranchir le seuil de TVA ne vous fait pas perdre le statut d’auto-entrepreneur. Vous restez en micro-entreprise, vous facturez simplement la TVA en plus. Les deux régimes sont indépendants.

Dépasser les seuils : ce qui se passe vraiment

Un dépassement ne produit pas les mêmes effets selon le seuil concerné. Le plafond micro suit une règle de tolérance sur deux ans. Le seuil de TVA, lui, peut s’appliquer immédiatement. Comprendre cette asymétrie évite les mauvaises surprises en fin d’année.

La règle des deux années consécutives (régime micro)

Le plafond micro tolère un dépassement ponctuel. Une seule année au-dessus de 203 100 € ou 83 600 € ne change rien. Vous conservez le régime micro l’année suivante. La sortie se déclenche uniquement après deux années consécutives de dépassement. Dans ce cas, vous basculez vers le régime réel le 1er janvier qui suit la deuxième année. Un commerçant qui dépasse 203 100 € en 2026 puis en 2027 quitte donc le micro au 1er janvier 2028. S’il repasse sous le seuil dès 2027, il garde son régime. Cette règle laisse le temps d’absorber une bonne année isolée sans tout réorganiser.

Le dépassement du seuil de TVA, base et majoré

La TVA fonctionne différemment depuis 2025. Tout dépend du seuil franchi. Si vous dépassez le seuil de base (85 000 € ou 37 500 €), la franchise tient jusqu’au 31 décembre. Vous basculez à la TVA le 1er janvier suivant. Si vous dépassez le seuil majoré (93 500 € ou 41 250 €), la TVA s’applique immédiatement, dès le premier jour du mois de dépassement. Vous devez alors refacturer sur-le-champ. L’ancienne tolérance sur deux ans pour la TVA a disparu. Le saut entre seuil de base et seuil majoré devient donc la zone à surveiller de près.

Les conséquences concrètes du basculement

Quitter le régime micro modifie trois domaines à la fois. Côté comptabilité, le livre des recettes simplifié ne suffit plus. Vous tenez une comptabilité complète, avec bilan et compte de résultat. Côté social, vos cotisations ne se calculent plus sur le chiffre d’affaires mais sur le bénéfice réel. Côté fiscal, l’abattement forfaitaire disparaît au profit des charges réelles. Le recours à un expert-comptable devient souvent nécessaire. Ce changement n’est pas une sanction : il accompagne une activité qui grandit. Mieux vaut l’anticiper que le subir en cours d’année.

Identifier le seuil franchi

Vérifiez s’il s’agit du seuil de base ou du seuil majoré. Cela fixe la date d’effet : 1er janvier suivant, ou jour même du dépassement.

Obtenir un numéro de TVA

Demandez votre numéro via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Le service d’immatriculation répond en quelques jours.

Adapter vos factures

Retirez la mention 293 B et appliquez le taux de TVA dès le premier jour du mois de dépassement.

Déclarer et reverser

Déclarez la TVA collectée selon votre régime, réel simplifié ou réel normal, et déduisez la TVA payée sur vos achats.

Prorata et meublé : les règles qui modifient le calcul

Deux situations échappent au calcul standard. La première concerne les créations en cours d’année. La seconde vise la location de meublés de tourisme, soumise à ses propres seuils. Les deux méritent une attention particulière.

Le prorata de la première année, et son piège

Le plafond micro se calcule au prorata la première année. La formule est simple : plafond annuel multiplié par le nombre de jours d’activité, divisé par 365. Une activité de services lancée le 1er avril 2026 compte 275 jours. Son plafond tombe alors à environ 63 000 €, pas 83 600 €. Le piège est ailleurs : les seuils de TVA ne sont jamais proratisés. Vous gardez donc un seuil de franchise plein de 37 500 € la première année, même en démarrant en octobre. Cette différence de traitement entre les deux limites surprend beaucoup de créateurs. Dès la deuxième année civile, le plafond micro retrouve son montant complet.

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AstuceSeul le plafond du régime micro est ramené au prorata la première année. Le seuil de TVA, lui, reste entier. Inutile de réduire votre franchise sur vos premiers mois.

La location de meublé de tourisme

La location meublée touristique suit des règles à part. Un meublé de tourisme non classé plafonne à 15 000 € de recettes pour rester en micro, un seuil bien plus bas que les autres activités. Ce montant s’applique aux revenus perçus depuis 2025. Le classement du meublé change la donne et relève le plafond applicable. Cette catégorie relève des bénéfices industriels et commerciaux, avec un abattement réduit. Beaucoup de loueurs occasionnels découvrent ce seuil après coup. Si vous combinez location et autre activité, vérifiez le mécanisme de double seuil propre à ces situations.

Vous approchez du plafond : quelles options ?

Atteindre le seuil signale souvent une activité qui fonctionne. Plusieurs voies existent alors, selon votre profil de clientèle et vos perspectives. Aucune n’est automatiquement meilleure : tout dépend de vos achats et de vos clients.

Facturer la TVA, parfois volontairement

Devenir redevable de la TVA n’est pas qu’une contrainte. Si vos clients sont des entreprises, elles récupèrent la taxe : votre prix final ne change rien pour elles. De votre côté, vous récupérez la TVA sur vos achats. Avec beaucoup de matériel ou de sous-traitance, le gain devient réel. Vous pouvez même opter volontairement pour la TVA avant d’atteindre le seuil. L’option vaut deux ans et se reconduit. Dans tous les cas, vous continuez de déclarer votre chiffre d’affaires à l’URSSAF au rythme habituel. Pensez aussi à l’effet sur vos impôts d’auto-entrepreneur, car la base de calcul reste inchangée tant que vous restez en micro.

Passer en société pour ne plus être bridé

Quand l’activité dépasse durablement les plafonds, la société devient logique. L’EURL ou la SASU permet de poursuivre la croissance sans limite de chiffre d’affaires. Le passage modifie votre fiscalité et votre couverture sociale. Vos cotisations ne se calculent plus de la même façon : il vaut la peine de comparer les charges de l’auto-entrepreneur avec celles d’un dirigeant de société avant de trancher. La société ouvre aussi la déduction des frais réels et la possibilité de s’associer. Le choix dépend de votre niveau de bénéfice, de votre besoin de rémunération et de vos projets. Un dépassement isolé ne justifie pas ce saut. Une tendance de fond, oui.

Pour aller plus loin. Si vous débutez, le fonctionnement du statut d’auto-entrepreneur pose les bases du régime, tandis que les démarches pour ouvrir une micro-entreprise détaillent la création pas à pas. Côté protection, le point sur l’assurance de l’auto-entrepreneur aide à sécuriser votre activité au-delà des seuils de chiffre d’affaires.

Questions fréquentes

Quel est le plafond auto-entrepreneur en 2026 ?

En 2026, le plafond est de 203 100 € pour la vente et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Ces montants valent jusqu’en 2028.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond une seule année ?

Rien d’immédiat. Un dépassement isolé est toléré. Vous ne quittez le régime micro qu’après deux années consécutives au-dessus du seuil, au 1er janvier suivant.

Le seuil de TVA est-il le même que le plafond micro ?

Non. Le seuil de TVA est bien plus bas : 37 500 € pour les services et 85 000 € pour la vente. On peut donc payer la TVA tout en restant auto-entrepreneur.

Le chiffre d’affaires se calcule-t-il sur les sommes encaissées ou facturées ?

Sur les sommes réellement encaissées au cours de l’année civile, hors taxes et sans déduire les charges. Une facture payée en janvier compte sur l’année suivante.

Le plafond change-t-il si je crée mon activité en cours d’année ?

Oui, pour le régime micro uniquement. Le plafond est ramené au prorata des jours d’activité. Les seuils de TVA, eux, restent entiers la première année.